Vœux de nouvel an: Le SNE envoie un message fort aux autorités
DISCOURS DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DU SYNDICAT NATIONAL DE L’ÉDUCATION, LE CAMARADE MICHEL PÉPÉ BALAMOU À L’OCCASION DE LA PRÉSENTATION DES VŒUX DE NOUVEL AN AUX MILITANTS ET SYMPATHISANTS DU SNE
.ENSEIGNANTES ET ENSEIGNANTS DE GUINÉE,
Une année s’achève sur une note de désespoir sur fond de précarité et de misère symptomatiques de la baisse drastique du pouvoir d’achat, de la dégradation des conditions de vie et de travail mais aussi et surtout de la dévalorisation de la profession enseignante du fait de sa pénibilité et de la crise de vocation sacerdotale consubstantielle à la flambée des prix des denrées de premières nécessités, du loyer, du transport et des frais de scolarité.
Une nouvelle année s’ouvre dans un contexte de lutte pour la revalorisation de l’exercice de la profession enseignante et de l’instauration de l’honneur et de la dignité des enseignantes et enseignants de Guinée.
MILITANTES ET MILITANTS, SYMPATHISANTES ET SYMPATHISANTS,
Nous qui serons nombreux ce soir à fêter le Nouvel An 2026, ayons d’abord une pensée pour nos aînés admis à faire valoir leurs droits à la retraite, sans le moindre toît après 40 ans d’enseignements et de formation de plus de 40 promotions devenues aujourd’hui les plus grands cadres de ce pays ; les enseignants dont les salaires sont bloqués depuis deux ans et qui n’ont plus la dignité d’un bon père de famille, les enseignants contractuels séparés de leurs familles et de ceux qu’ils aiment pour avoir choisi d’aller enseigner gratuitement dans les écoles rurales très enclavées pendant huit ans sans obtenir le moindre arrêté d’engagement, et pendant ce temps 1615 personnes sont engagées à la Fonction Publique le 21 Octobre 2025 et prises en charge par le budget national le 1er Novembre 2025 sans faire le moindre concours pourtant exigé à ces soldats de craie qui vivent dans une précarité indescriptible, les enseignants âgés, maintenus toujours en classe sans plan de carrière et ceux qui sont victimes de maladies professionnelles et d’accidents de travail alités sans possibilité d’évacuation sanitaire.
CAMARADES, ENSEIGNANTES ET ENSEIGNANTS,
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Nous avons fait suffisamment preuve de patience dans le noble combat pour l’amélioration de nos conditions de vie et de travail.
Nous avions fait preuve de responsabilité sociale en renonçant à la menace de boycott des examens nationaux session 2025 et de l’ouverture des salles de classe au compte de la rentrée scolaire 2025-2026, tant que notre Statut Particulier n’est pas signé et appliqué. Et tout récemment, nous avons suspendu notre mot d’ordre de grève pour privilégier la paix sociale à la veille de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025.
Malgré toute cette patience sur fond de prise de responsabilité sociale en période de crise et de la tenue du scrutin présidentiel à enjeu national, le Gouvernement profite de l’occasion pour multiplier des manœuvres dilatoires en signant un protocole d’accord de la discorde et de l’exclusion avec un seul Syndicat sur les trois qui composent l’Intersyndicale de l’Education et un Syndicat dénommé Syndicat National de l’Enseignement technique et de la Formation Professionnelle (SNET-FP) qui n’est pas membre de l’Intersyndicale de l’Education et non signataire du mémorandum.
Le quorum n’ayant pas été atteint (un seul syndicat sur trois est signataire) et la présence d’un non-signataire sont des vices de procédures suffisants pour prononcer la nullité de ce protocole d’accord de la discorde et de l’exclusion ;
Le Gouvernement, en s’inscrivant dans cette démarche de fuite en avant, s’est pris à son propre piège et a ouvert la boîte de pandore qui ne fait que déplacer la crise scolaire au lieu de la résoudre entièrement. Les signataires de ce protocole n’ont pu éviter la grève du 1er décembre 2025 et ne pourront pas éviter celle du lundi 5 janvier 2026.
CAMARADES SYNDICALISTES, INTRÉPIDES COMBATTANTES ET COMBATTANTS DE LA LIBERTÉ ET DE LA JUSTICE SOCIALE,
Toutes ces actions sont destinées à nous détourner de notre objectif principal : la signature et l’application du Statut Particulier des personnels de l’Education et de la Formation. Mieux, vous avez fait corps avec nous en faisant preuve de résilience en ne tombant pas dans les pièges qu’on ne cesse de nous tendre.
Maintenant, nous sommes à la veille du Nouvel An.
Nous attendons un acte fort du Président de la République concernant la signature du Statut particulier des personnels de l’Education et de la Formation mais aussi les modalités de son application, dans l’intérêt supérieur de l’école guinéenne.
En tout état de cause, notre bonne foi a prédominé dans cette noble lutte.
Continuons d’être solidaires et mobilisés car notre chemin ne s’arrêtera que si la signature et l’application du Statut Particulier sont effectives.
CHERS CAMARADES,
L’enseignant est le pilier fondamental du système éducatif et le principal artisan de la formation du capital humain de la Nation.
À ce titre, il mérite une reconnaissance à la hauteur de sa mission, de son engagement et des sacrifices quotidiens consentis au service de l’école de la République. La signature et l’application du Statut Particulier sont des mesures à la fois équitables, motivantes et socialement nécessaires.
Investir dans l’enseignant, c’est investir dans l’avenir de la Guinée.
Notre combat est apolitique et centré sur la revalorisation de la profession enseignante et la défense des intérêts matériels et moraux des enseignants.
Nos revendications sont sociales et sont entre autres :
● – La signature et l’application du Statut Particulier –
– ● L’engagement des Enseignants Contractuels non retenus et ceux de Conakry à la Fonction Publique ;
● Le paiement des primes de fonction des hauts cadres et des responsables des structures déconcentrées de l’Education et de la Formation ;
● La titularisation des 2027 enseignants stagiaires ;
● Le paiement des 9 mois d’arriérés de salaire des enseignants des collectivités locales et six (6) mois de primes aux enseignants Contractuels Communaux non retenus ;
● L’harmonisation des indemnités de transport et de logement à celles de l’Enseignement Supérieur ;
● La règlementation du secteur privé de l’éducation ;
● La prise en charge médicale des femmes et enfants des enseignants ;
● Le reclassement des enseignants ;
● Le paiement des arriérés de salaire et des primes des enseignants bloqués et débloqués.
Rendez-vous le lundi 05 janvier 2026 pour la poursuite de la grève
Bonne et heureuse année à toutes et à tous
Camarades salut !